L'accès à l'eau potable pour tous, une urgence !

La demande en eau n’a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui et elle ne fera qu’augmenter au cours des prochaines années, comme le confirment les experts lors du 5e forum de l’eau qui a débuté le 16 mars à Istanbul. Cette ressource indispensable vient à manquer et inquiète les autorités nationales et internationales, qui se concertent lors de différentes manifestations afin de palier au mieux et le plus rapidement à cette pénurie.

Au moins 900 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et 2,5 milliards n’ont pas ou peu d’accès à l’assainissement. 5 000 enfants meurent par jour de diarrhée, soit un enfant toutes les 17 secondes, du fait d’une eau insalubre ! La quantité limitée des ressources ainsi que l’insalubrité persistante inquiètent les autorités et font l’objet d’événements à l’échelle internationale, tout au long du mois de mars.
La demande d’eau en augmentation incessante
L’état des ressources mondiales d’eau fait l’objet tous les trois ans, d’un rapport des Nations Unies. Cette année, le rapport intitulé “L’eau dans un monde changeant“ souligne la nécessité d’adapter les systèmes d’assainissement aux ressources d’eau et à la demande mondiale.
En effet la demande en eau n’a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui. Cette pénurie augmentera au fil des années, avec la croissance de la population et l’urbanisation : la production alimentaire et d’énergie devront être accrues, ce qui impliquera une augmentation de la consommation d’eau.
De plus avec le réchauffement climatique, la situation ne peut qu’empirer : l’augmentation des températures accentuera les variations de précipitations et augmentera le risque d’inondations ou de sécheresse. Les calottes polaires ainsi que les glaciers commencent déjà à fondre, réduisant ainsi les réserves d’eau douce. Depuis 1900, la moitié des zones humides du monde ont disparues.
L’insalubrité, un fléau supplémentaire
En sus du manque de ressources en eau, il reste un problème majeur, l’insalubrité. Par exemple, chaque jour, 2 millions de tonnes d’eaux usagées sont déversés et 70 % des résidus industriels sont déversés sans traitement préalable dans les cours d’eau des pays industrialisés !
Conséquence du manque de ressources et d’assainissement : un enfant meurt toutes les 17 secondes de diarrhée, soit 5 000 enfants par jour. Ces décès pourraient être évités si des systèmes d’accès à l’eau potable étaient mis en place. Une maladie sur 10 est due à l’approvisionnement, à l’insalubrité, à l’hygiène ou à la gestion des ressources d’eau.
La pauvreté et la guerre majorent la pénurie
Il existe un lien très clair entre la pauvreté et les ressources en eau : le nombre de personnes vivant avec moins d’ 1,25 dollar par jour coïncide approximativement au nombre de celles qui n’ont pas accès à l’eau potable.
Par ailleurs, comme le souligne Robert Mardini, chef de l’Unité “eau et habitat“ au Comité International de la Croix Rouge (CICR), “Les systèmes d’adduction d’eau, d’égouts et d’alimentation en électricité, ainsi que les structures médicales, sont généralement les premiers services atteints lors de l’éclatement d’un conflit (…). Ils peuvent être endommagés ou détruits par les bombardements et les explosions, ou être totalement débordés par l’afflux de personnes déplacées. De telles perturbations sont souvent suivies de graves pénuries et de la propagation rapide de maladies qui peuvent être mortelles“. Selon le CICR, un quart des personnes privées d’eau potable et 15 % de ceux qui n’ont pas accès à des services d’assainissement adéquats se trouvent dans des pays déchirés par la guerre.
Des systèmes d’approvisionnement et d’assainissement doivent donc être mis en place en priorité dans les lieux de vie des personnes les plus défavorisées, ayant le moins accès à l’eau. “Maintenant, la priorité est à l’action. Nous devons mobiliser l’engagement, la volonté et les moyens humains pour s’assurer que les prévisions faites concernant la crise en eau ne deviennent pas réelles. L’eau a été, peut être et doit être un rassembleur, pas un diviseur“ confirme Koïchiro Matsuura, directeur général de l’ Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) dans un message élaboré à l’occasion de la journée mondiale de l’eau 2009.
22 mars 2009, la Journée Mondiale de l’Eau en faveur du partage
La Journée Mondiale de l’Eau a été créée en 1992, par l’Assemblée Générale des Nations Unies, suite à une recommandation faite lors de la Conférence sur l’Environnement et le Développement. Cette journée a pour but de célébrer l’eau douce et la première édition eut lieu le 22 mars 1993.
Durant plus de 15 ans, cette journée fut l’occasion pour les grandes institutions ainsi que pour les associations de mettre en lumière certaines problématiques liées à l’eau. Les précédentes années, la thématique de cette journée avait concerné la pénurie, les problèmes sanitaires ou encore l’importance de l’eau dans la plupart des cultures.
La Journée Mondiale de l’Eau 2009, intitulée “Eaux partagées, opportunités partagées“ mettra en avant les sources d’eau douce transfrontalières. Il existe 263 lacs et bassins fluviaux transfrontaliers et 145 pays en possèdent. 45% des terres sont couvertes de bassins ou de fleuves passant dans plus d’un pays .De même, on dénombre 273 aquifères souterrains.
Ces sources d’eau seraient suffisantes pour tous, mais leur mauvaise gestion place certains pays en réelle pénurie. De nombreux conflits sont à prévoir, c’est pourquoi les Nations Unies ainsi que la Food and Agriculture Organization (FAO) préconisent la coopération transfrontalière. Plus de 200 accords internationaux ont été signés, les 60 dernières années et seulement 37 cas de violence entre états pour l’eau ont été rapportés.
Augmenter les opportunités de coopération dans la gestion de ces eaux pourraient impacter sur la compréhension, le respect et la confiance mutuels entre les pays. Cela favoriserait la paix, la sécurité et une croissance économique stable. C’est du moins ce que souhaite l’UNESCO avec l’aide de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Europe (UNECE) et la FAO.
Valérie Chau, 19 mars 2009
Sources:
– L’eau qui tue, l’eau qui sauve : une urgence humanitaire, dossier de presse 2009 de Solidarités, association d’aide humanitaire d’urgence- Site officiel de la Journée Mondiale de l’Eau
– Cinquième Forum mondial de l’eau : meilleur accès à l’eau et à l’assainissement pour les victimes de la guerre, communiqué de presse du Comité International de la Croix Rouge, 16 mars 2009
Des sites pour en savoir plus :
http://www.unesco.org/waterLe calendrier des évènements associés à la Journée Mondiale de l’eau du 22 mars (en anglais) :http://www.unwater.org/worldwaterday/events.html